Média Alternatif Indépendant

À la découverte de l’Australie et des États-Unis avec Sarah Labassi

Wendy

Jeune, la plupart de mes ami-e-s n’allaient pas en vacances. Certains allaient au bled, d’autres n’avaient jamais pris l’avion. Les étés à Sevran se résumaient à acheter des glaces au cassis chez les Djakité, à squatter le grand bassin de la piscine d’Aulnay et pour les plus chanceux passer une journée à Astérix ou à Disneyland. Ou bien passer nos journées dans les centres commerciaux à traîner. Je pense pour beaucoup d’entre nous avoir la possibilité de travailler et de pouvoir gagner son propre argent, nous a (enfin) permis de voyager.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, j’ai voulu en savoir un peu plus sur les voyages que mon  ancienne camarade de classe Sarah a effectué. En l’espace de deux ans, elle a traversé plusieurs fois l’Atlantique.

On remet les choses dans leur contexte. T’es ici à Sevran, tu vis chez tes parents comment ça se passe quand tu leur annonces que tu vas partir pour New York, seule alors que tu ne connais personne et que c’est la première fois que tu voyages seule?

Au départ ils sont inquiets car à la base je ne suis pas quelqu'un qui prévoit des choses aussi grandes seule. Mais j'étais déterminée, j'ai travaillé et il ne pouvait pas "m'en empêcher". C'était la première fois que je partais hors des frontières européenne et surtout seule. Je me souviens dans l'aéroport j'étais effrayée, est-ce que le logement que j'ai prise était propre, est-ce que je pourrais me débrouiller. Le cerveau humain est une machine stupéfiante alors pour me donner du courage j'ai appellé ma meilleure amie qui avait entrepris le même voyage seule. Elle m'a donné le courage qu'il fallait avec la promesse d'adorer chaque seconde. J'étais lancée après un périple de plusieurs heures au dessus de l'Atlantique, j'arrive dans la grosse pomme. Les douaniers américains se sont révélés être fidèle à eux même en me bloquant plusieurs heures car j'étais pour eux une menace française… et donc je prends le taxi pour rejoindre mon logement pour les deux prochaines semaines. Le chauffeur a alors fait le guide lors de ma traversée des grands quartiers new yorkais. J'étais à mon aise, en me promenant dans Time Square j'ai enfin eu l'impression d'être chez moi, d'appartenir à un endroit. Après avoir visitée cette ville de fond en comble je peux affirmer que c'était une des meilleures expériences de ma vie.

Ce voyage t’as donné de la crédibilité (envers tes parents) pour pouvoir aller en Australie après?

Oui après ce voyage je pouvais aller où bon me semblait, la destination qui me tenait à coeur depuis mon enfance était l'Australie, nager dans la barrière de corail et voir des kangourous et des koalas. C'était un rêve! Il me semblait abordable après avoir pris mon indépendance à New-York.

Les trois choses qui t’ont le plus marqué lors de ces voyages.

Trois choses… c'est bien peu tellement j'ai été émerveillé par ces voyages. Mais à choisir, les personnes, voyager hors de la France m’a montré qu'en France les gens sont pour la plupart renfermés sur eux même alors qu'en dehors de nos frontières, le fait de ne pas avoir un niveau suffisant en anglais nous pénalise énormément à l'étranger et nous fait passer pour des personnes aigries et imbues de nous même… J'ai un niveau assez bon donc j’ai pu me débrouiller et j'ai pu faire des rencontres exceptionnelles. Que ce soit sur les toits de New York, à Central park ou en Tasmanie…

Les paysages, en deuxième chose qui m'ont marqué, que ce soit l'atmosphère ultra urbanisée de New York, c'était une atmosphère inoubliable. En Australie, la nature sauvage nous fait nous sentir tout petit et nous montre qu'on a tellement de choses à apprendre sur nous même et sur notre environnement.

La dernière chose qui m'a marqué c’est que ces voyages nous font apprendre sur nous même. Je ne pensais pas qu'une fille comme moi puisse camper dans la nature sauvage de l'Australie et adorer ça. J'ai appris à repousser mes limites et arrêter de me cantonner à mon confort personnel. La meilleure chose dans la vie ce n'est pas de posséder mais c'est de voyager…

Financièrement partir pour les USA et l’Australie, c’est simple? Sachant que tu es étudiante et que tu as un petit boulot à côté des cours.

Côté financier c'était assez compliqué j'ai dû économiser et faire pas mal d'heures supplémentaires. Passer les grandes vacances à travailler… mais le résultat en valait la chandelle. De plus j'arrive toujours à me débrouiller pour avoir des prix attractifs que ce soit pour les billets d'avions ou pour le logement et la nourriture. Je préfère payer pour des activités.

T’as l’impression que ces voyages t’ont ouvert les yeux sur un monde que tu ne connaissais pas ou c’est juste un moment de repos et d’amusement ponctuel?

Bien évidemment, cela m'a ouvert les yeux, notre vie ne s'arrête pas à métro boulot dodo. C'est tellement plus que ça. C'est découvrir la faune et la flore de nouveaux endroits, se dépasser et repousser ses limites. Le monde est tellement vaste et ne s'arrête pas à la Seine Saint Denis ou Paris.

Tu te verrais vivre dans un de ces pays plus tard? Ce serait quoi ton Eldorado (en terme d’ambiances, paysages ruraux ou ville, langue, activités, etc)

Et pour l'instant avec les pays que j'ai visité, mon eldorado serait New York l'ambiance y est tellement exceptionnelle, sans jugement et sans complexe… mais le monde est vaste et les possibilités infinies…

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